Powered By Blogger

mardi 22 juin 2010

L'Echec du pipeline tchad-cameroun


L'ÉCHEC DU PIPELINE PÉTROLIER CAMEROUN - TCHAD
(08/06/2010)
Présenté il y a 10 par la Banque Mondiale comme un projet pouvant significativement
 réduire la pauvreté au Cameroun, le pipeline reliant au Tchad n'a pas apporté toutes les satisfactions
Par Redaction Bonaberi.com
La déception du pipeline Tchad - Cameroun
La déception du pipeline Tchad - Cameroun















D'après un rapport rendu par trois ONG - Centre pour l'environnement et le développement (CED)
, la Fondation camerounaise d'actions rationalisées et de formation sur l'environnement (Focarfe) et
 le Réseau de lutte contre la faim (Relufa) -, le projet d'oléoducentre le Cameroun et le Tchad n'a pas
 apporté au Cameroun le développement escompté.

L'oléoduc pétrolier qui relie Doba - Sud Ouest du Tchad - à Kribi au Sud sur plus de 1000 kilomètres
et a coûté près de 3 milliards d'euros - près de 2000 milliards de francs CFA - avait été présenté
 il y a 10 ans comme un projet modèle, pouvant éradiquer la pauvreté au Cameroun et au Tchad.







Loin d'avoir atteint son but, l'oléoduc aurait d'après le rapport des ONG apporté de nombreuses 
maladies qui ont touché les populations locales. La majorité des malades n'auraient d'ailleurs pas 
touché de compensation, ce qui est pourtant d'usage lorsqu'une maladie est causée par une activité
 industrielle - pollution de l'eau ou de l'air, nuisances sonores....

Valery Nodem, responsable du Relufa a par ailleurs déploré la mauvaise gestion des fonds
 générés par le pipeline. Fin 2009 par exemple, le Cameroun avait empoché près de
 100 milliard de francs CFA de droits, taxes et dividendes divers, mais "l'argent ne va pas là où il devrait".

En marge de la non renttabilité socio-économique du projet, les ONG ont aussi dénoncé le manque
de préparation face à des désastres écologiques ; en Avril dernier justement avait eu lieu une fuite
 de pétrole au large de Kribi.





Pipeline Tchad-Cameroun: Des riverains réclament
126 millions de Fcfa à Cotco
La tension est vive au village Nkometou I, dans l’arrondissement de Soa, 
sur la route d’Obala. En effet, a-t-on appris au cours d’une descente dans 
ce village vendredi dernier, depuis 2002 les jeunes dudit village vivent dans 
le désœuvrement total. Et pour cause, la carrière du village, qui existe depuis 
1936 selon les témoignages, et dont l’exploitation était la principale activité génératrice
 de revenus pour les populations, a été fermée, suite à une décision de la 
Cameroon Oil Transportation Company (Cotco) ; société qui s’est occupée 
de la construction du pipeline Tchad-Cameroun. 

Motif de cette fermeture matérialisée par des dos d’ânes géants qui empêchent

 tout accès de véhicule à la carrière, l’oléoduc Tchad-Cameroun qui traverse 
la carrière ne doit en aucun cas être empiété par des véhicules, au risque de provoquer
 une érosion autour de la canalisation transportant le pétrole tchadien jusqu’à Kribi. 

Aujourd’hui, les populations de ce village, aidées par le Relufa, la Focarfe et le Ced, 

trois Ong qui s’occupent du suivi des activités autour du pipeline Tchad-Cameroun, 
réclament à la Cotco non seulement la réouverture de l’accès à cette carrière, mais 
aussi le payement d’un manque à gagner estimé à 126 millions de Fcfa.
 «Nous sortions de la carrière 15 camions de sable par mois, que nous vendions 
à 1,5 millions de Fcfa ; C’est cette somme multipliée par le nombre d’année que 
la carrière est fermée qui nous a permis de déterminer le montant que Cotco doit
 nous payer», explique Michel Messomo, le chef du village que les populations 
ont failli molesté en septembre dernier, soupçonné qu’il était d’avoir passé
 un deal avec Cotco. Information qui va s’avéré fausse, puisque, apprend-on aussi 
bien des Ong sus mentionnés que des populations du village, Cotco nie avoir interdit
 l’accès à la carrière. Et fait donc valoir son indisponibilité à payer le manque à gagner
 revendiqué par les populations du village. 


Indemnités 

Quid de la réouverture de cet espace qui permettait jusqu’ici aux populations de 

Nkometou I et environs de gagner leur vie ? Selon le chef de village, à trois reprises
 déjà, au cours de rencontres avec des responsables de Cotco, il a été demandé 
aux villageois de défricher les abords du chemin qui conduit à la carrière, afin que 
des engins viennent ouvrir la route et surtout détruire les dos d’ânes bloquant 
l’accès à la carrière. «Nous avons déjà défriché trois fois. Mais Cotco n’a pas 
envoyé les engins. Et les herbes ont à nouveau envahi la route», se désole
 Nathanaël Ntsama Eloundou, un habitant du village. 

A 5 km de Nkometou I, dans le village Nkolntara, l’entreprise chargée de la gestion 

du pipeline est à nouveau mise à l’index. Ici, Vincent Nguini, le secrétaire général 
de la chefferie, révèle que depuis 2002, les habitants du village continuent sans succès
 de réclamer à Cotco, le payement de la «compensation communautaire», sorte 
d’indemnité payée à toutes les communautés qui ont subi des dommages pendant 
la construction du pipeline Tchad-Cameroun. «Nous ne réclamons que 1,950 million 
de Fcfa. On a convenu avec Cotco que cela nous soit payé sous forme de matériel
 agricole, notamment 52 pulvérisateurs et 53 brouettes», affirme Vincent Nguini, 
qui précise que «Nkolntara est le seul village qui n’a pas encore reçu sa compensation 
communautaire sur les 242 villages concernés». Autant de plaintes que semblent pour 
l’instant éclipser les66 milliards de Fcfa déjà engrangé par le Trésor public camerounais,
 au titre de droit de transit du pétrole tchadien, qui coule dans le pipeline

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire